Auteur Sujet: Symbaroum - Résumés des parties  (Lu 284 fois)

QAW

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Symbaroum - Résumés des parties
« le: mai 30, 2017, 12:29:56 pm »
Partie I

C'est autour d'un feu de camp, au milieu des terres à l'agonie du Sud, que commence notre aventure.
Alors que le mage Barrio remet en question le bienfondé du monothéisme devant un prêtre de Prios, Monsevano, prêt à tout pour le convertir, un ogre berserk Ragéor lie connaissance avec le changelin Alory qui n'en peut plus des discussions théologiques de ses compagnons de route.
A la fin d'un débat visiblement sans issue, les 2 orateurs entament une négiociation pécuniaire rapide avec les camarades de l'Ogre: la non-frêle, mais néanmoins sorcière, Magdala et le pisteur Aïsdrak qui n'ont aucun mal à persuader les érudits que la compagnie de 2 barbares et d'un ogre ne serait pas du luxe dans le voyage qui doit les mener vers les terres fertiles et pleines de mystère du Nord.
Alors que les rumeurs de fermeture des routes menant à leur destination vont bon train, l'ouïe fine de la sorcière barbare surprend une conversation: Une caravane clandestine est sur le départ mais encore faut-il convaincre le chef de l'expédition de sa valeur au combat.
Cette épreuve est réussie quand certains membres du groupe arrivent à battre leur adversaire avec panache ou à inspirer une profonde pitié au seigneur responsable de la caravane.

Au cours du voyage un collègue mage de Barrio se fait subtiliser un artefact précieux qu'il avait négligemment laissé dans une poche de ses vêtements abandonnés le temps d'une baignade (sic).
Fort heureusement les éclaireurs parviennent à retrouver la trace du malfaiteur grâce à leurs sens aiguisés.
La sorcière arrive même à infiltrer son repère en utilisant son don de métamorphose pendant que le reste de la troupe assure une diversion involontaire en jouant les cibles vivantes.
Quelques mandales plus tard le faquin est à terre et c'est avec difficulté que la troupe parvient à sauver la jambe de ce dernier de la colère de l'Ogre qui lui aurait bien arraché pour lui apprendre un peu le vivre-ensemble !
Alors que nos amis sont en pleine explication de "pourquoi ce n'est pas bien de torturer un mec avant de lui avoir donné l'occasion de se mettre à table", ces derniers se retrouvent sous le feu nourri des arbalètes des renforts qu'ils n'avaient pas entendu venir.
Pendant que le mage réussit (enfin) à tuer un ennemi et que le prêtre n'en finit plus de soigner Aïsdrak. La sorcière et le changelin défendent leur vie en combat singulier. l'Ogre, pendant ce temps, se frait un chemin en déchiquetant tous ceux qui se trouvent sur sa route et parvient à rejoindre le chef des brigands.
Il parvient à le blesser et à le faire fuir au péril de sa vie et ce n'est que grâce aux bons soins d'un Monsevano épuisé que son âme ne part pas rejoindre les contrées mystérieuses d'où surgissent ses semblables.
Dans tous les cas la troupe peut ramener l'artefact à son légitime propriétaire et grâce à la magie de cet objet le voyage pourra continuer malgré les rudesses de l'hiver à venir.
Enfin, la sorcière décide unilatéralement de nommer le groupe dont elle est devenu le chef tacite "Les éclaireurs de la Lumière" devant un Monsevano en extase devant ce nom Priotique, un Barrio au bord de la dépression et les autres compagnons restants qui ont du mal à ne pas afficher leur scepticisme.

Partie II

Après avoir capturé vivant le traître et récupéré la pierre de soleil qu'il avait dérobé, nos 5 héros rentrent à la caravane tout auréolés de gloire.
C'est par un Ergasto visiblement très soulagé qu'ils sont accueillis et félicités pour leur courage qui a sauvé la vie à tous les membres de la caravane.
Alors que certains Eclaireurs de la lumière allaient questionner l'éventualité de convertir la gratitude et la considération en espèces sonnantes et trébuchantes, le chef de l'expédition tourna les talons et commença à aboyer des ordres pour que la caravane se remette en route.

Ce dernier regarda la troupe et dit d'un air grave: "Comme le disait mon grand-père Jean-Robert Renaud Martin 'L hiver vient' et avec le retard que nous avons pris notre plus grand ennemi sera le froid. Nous avons - fort heureusement (en jetant un regard noir au mage Bartholom dont l'étourderie aurait pu être catastrophique) - récupéré la pierre de soleil mais plus nous grimperons le massif des Titans, plus les conditions météo seront rudes et si nous sommes coincés au sommet ...". Il ne termina pas sa phrase, tout le monde connaissant les conséquences délétères qui s'ensuivraient.
Décidant de changer de sujet il fixa un sourire artificiel sur son visage rougeaud et dit "Pour votre courage vous avez bien mérité une récompense ... vous êtes exempté de corvée pendant 3 jours. Ne me remerciez pas c'est tout naturel." puis avant que la moindre objection ne puisse être levée ou la moindre négociation amorcée il retourna à ses occupations d'un pas surprenamment vif pour un homme de son embonpoint.

Finalement quelques jours de repos ne seraient pas de trop pour les Eclaireurs. L'Ogre avait beau jouer les durs, il avait quand même été salement amoché par le chevalier mort-vivant qu'il avait affronté en combat singulier, Monsevano était épuisé d'avoir soigné Aïsdrak à maintes reprises et même si le barbare était sur pied son teint était encore livide et ne disait mot.
Le changelin et la sorcière, bien que moins éprouvés que leurs compagnons, n'étaient quant à eux pas contre un peu de repos.
Enfin le mage Barrio, inexpliquablement indemne et toujours aussi nonchalant, comptait mettre à profit ce repos inattendu pour échanger avec son collègue de l'Ordo Magica sur la possibilité d'utiliser un champ de mana désynchronisé (ou quelque chose du genre) pour mettre une personne dans un état de confusion psycho-hypnotique corticale (ne me demandez pas ...)

A la fin de leurs congés, la troupe se reforma à l'exception du barbare Aïsdrak. Ce dernier était toujours alité, vraisemblablement affligé par ce que le mage Bartholom simplifia en "Indigestion de magie".
La Sorcière, l'Ogre et le Changelin virent arriver un Monsevano revêtu d'une nouvelle bure de Prios, en bien meilleure état que la précédente et recouverte de petits symboles qui, discrets, n'entamaient en rien l'apparence sobre et ascétique du prêtre. Ce dernier, en voyant l'oeil interrogateur de ses comparses, s'excusa presque "c'est un cadeau de l'inquisitrice des manteaux-noirs Lestra ... elle ne s'en servait plus". L'arrivée de Barrio le sauva des plaisanteries grivoises qui n'auraient pas manquer de pleuvoir sur lui.
En effet le mage qui arrivait d'un pas guilleret était tout le contraire de la sobriété. Il portait une cape noire recouverte de runes de protection qui n'avaient rien de discrètes. Certaines mêmes semblaient scintiller d'une lueur opalescente et multicolore, comme si une énergie mystique essayait d'en sortir sans pour autant y parvenir. Le mage lâcha négligemment un "C'est la cape des membres de l'Ordo Magica" comme si ce nouveau vêtement n'était d'aucune importance alors que sa pose faussement décontractée criait le contraire. "C'est un cadeau du mage Bartholom en remerciement de notre silenc... euh de notre aide".
C'est en raillant le mage sur ses supposées relations sentimentales avec son bienfaiteur et sous les menaces de plus en plus vraisemblables d'incinérations impromptues dudit mage que notre troupe partit le coeur vaillant en quête de bois de chauffage, denrée précieuse pour la caravane par les temps qui couraient.
Alors que la collecte de fagot avancait bien, les Eclaireurs furent interrompus dans leurs échanges par le rugissement d'une bête sauvage suivi immédiatement d'un cri de détresse. N'écoutant que leur instinct, les aventuriers se précipitèrent courageusement (ou stupidement, c'est selon) vers le danger et découvrèrent Lestra et les deux frères barbares Ludo et Bellum défendant leur vie face à un Loup Géant et une troupe de charognard qu'Alori identifia immédiatement comme des Jacquards.
Alors que leurs compagnons s'occupaient de repousser la suite de charognard qui les chargeaient avec agilité et célérité, le mage et le changelin prirent le loup géant pour cible. Pendant que le mage immobilisait la bête grâce à une espèce d'étau mental, le changelin lui tira un carreau dans l'oeil qui le tua sur le coup.
Voyant leur chef abattu aussi rapidement les jacquards se carapatèrent prestement et les aventuriers satisfaits purent s'approcher du monstre pour y prendre un trophée. C'est alors qu'ils constatèrent avec stupéfaction que le monstre était une elfe métamorphe portant pour seuls atours une pelisse de loup et un anneau du pacte de fer.
Tout le monde se demandait ce que faisait une elfe de Davokar si loin de sa terre natale. Pendant que le changelin récupérait l'anneau du pacte de fer, il remarqua que les frères ambriens fixaient, livides, le cadavre et que Lestra l'inquisitrice, elle, fixait les frères comme si elle craignait qu'ils ne fassent quelque chose de répréhensible.
Pour éviter les représailles elfes, les aventuriers décidèrent de maquiller la scène en accident. Pour ce faire Magdala, sous la forme d'un jacquard, déchiqueta le corps à coup de crocs sous le regard des deux frères écoeurés et d'une inquisitrice impassible.
C'est dans une atmosphère de suspicion (l'elfe était-elle réellement l'agresseur ?) que les Eclaireurs informèrent Ergasto de la situation. Le premier reflexe de ce dernier fut de remettre la caravane en route avant d'être convaincu par Barrio que cela ne ferait que la rendre suspecte à  d'éventuels espions.
Aussi c'est le lendemain à l'aube, comme prévu initialement, que l'expédition repris la route. Malheureusement, au bout de quelques heures une tempête de neige commença à souffler et la caravane dut s'arrêter. Le changelin et la sorcière, qui avaient pris la décision de coller aux chausses de l'inquisitrice, la virent s'agiter en fixant le ciel.  N'y tenant plus Alori décida alors de demander directement à la Manteau-noir la source de ses appréhensions. Elle baissa alors lentement la tête et le regarda dans ses yeux jaunes en murmurant "Cette tempête n'est pas naturelle ! Elle est provoquée !!". Avant même que la Chasseuse de corruption n'ait pu développer son propos des cornes retentirent.
Descendant du flanc Est de leur position, un Elfe montant majestueusement un élan, flanqué de deux de ses congénères, les injectiva d'une voix amplifiée par la magie "Livrez nous les 2 criminels !!". A la réaction de Ludo et Bellum, nul doute qu'il s'agissait d'eux. Alori pu entendre l'inquisitrice jurer entre ses dents "Je le savais !" mais il ne pouvait déterminer si elle parlait de sa déduction quant à la tempête ou d'éventuelles suspicions envers les frères incriminés.
"Ils doivent être purgés" cria de nouveau le chef Elfe.
"De quoi les accusez-vous ?" cria alors la sorcière.
"Ils ont profanés des ruines sacrés et ont été corrompus. Ils doivent être purgés."
Ergasto négocia alors un délai de reflexion.
"Livrez les nous avant le coucher du soleil ou affrontez notre colère". Sur ces mots les Elfes firent demi-tour.

Devait-on livrer les 2 hommes ? Tous s'accordaient à penser que si c'était le prix pour la sécurité de la caravane, il fallait le faire. Les seuls à trouver un contre-argument étaient les accusés eux-même et l'inquisitrice qui aurait préféré que les 2 corrompus soient "soignés" par son ordre plutôt que par des Elfes qui n'y connaissent rien en inquisition.
Ergasto venait de se ranger à l'avis majoritaire quand l'un des 2 frères, visiblement contrarié par sa condamnation à une mort certaine, fut pris de convulsion et commença à s'écorcher vif avec ses ongles comme pour signifier sa désapprobation. Pendant qu'il retirait sa peau comme l'on retirerait un vêtement trop moulant, ses doigts, originellement trapus comme ceux de son peuple s'étiraient pour devenir semblables aux griffes démesurées d'un dragon. Cela donnait à l'ensemble un aspect grotesque et mal proportionné mais mortel.
L'Ogre, enfin soulagé de pouvoir contribuer à l'argumentation à coup de cimeterres, chargea alors l'abomination mais, après quelques passes, celle-ci l'envoya voler quelques mètres plus loin d'un coup de ses mains hérissées.
Pour éviter d'être frappé et éventuellement empoisonner mortellement leur nouvel adversaire Magdala invoqua sa magie ancestrale et se changea en Scorpion. Alori, voyant son ami non-humain en mauvaise posture essaya de tirer sur l'abomination mais Ludo, ayant finalement choisi son camp, l'attaqua avec sa hâche. Le prêtre essaya de blesser le monstre avec une vague de lumière de Prios et réussit même si cela n'était pas suffisant pour l'achever. L'instant d'après il était frappé par une patte fauchant l'air et gisait inconscient aux pieds d'un Barrio qui partit en courant et en émettant des vagues de soufre .
Lestra s'interposa entre le corps du prêtre et le monstre et fût elle-aussi neutralisée.
Le changelin put enfin se débarasser de son adversaire et ne voulant prendre aucun risque l'abattit d'un carreau d'arbalète dans la tête à bout portant, ce qui provoqua (peut-être) la colère de son frère monstrueux. Toujours est-il que ce dernier asséna à l'arbalétrier un coup puissant qui l'envoya dans l'inconscience. Il ne dut son salut qu'à un Barrio qui, tel un héros de Sho-nen, était revenu au nom de l'amitié (une fois que le monstre était bien fatigué et facile à abattre).
Finalement un sort bien placé par Bartholom vint à bout de l'abomination qui se mit à flétrir jusqu'à ne plus rien être qu'un crâne humain atrocement déformé.
Après que Bartholom et Ergasto aient soigné Lestra et les compagnons et que ceux-ci soient sortis de l'inconscience à l'exception de l'Ogre, ils les réunirent pour leur annoncer la triste nouvelle. La griffe de l'abomination avait perforé le coeur de l'Ogre, juste un peu à gauche de la dague qu'il portait toujours à la poitrine. Dague qui, couverte du sang de son ami, fut récupérée religieusement par le changelin alors qu'un silence de mort résonnait dans le campement.
Magdala, sa toute nouvelle hache à la ceinture, commença alors à dresser un bucher funéraire en l'honneur de leur camarade disparu. Une fois sa tâche terminée, elle et Alori y placèrent avec difficulté le corps massif de leur compagnon et, alors que le prêtre récitait quelques prières destinée à aider l'âme de l'Ogre à trouver la lumière de Prios, le mage lanca un sort qui alluma le feu instantanément, illuminant la vallée dans laquelle ils étaient prisonniers et repoussant le froid mordant qui venait les piquer pendant qu'ils se recueillaient.
Au coucher du soleil les Elfes vinrent chercher leurs prisonniers. C'est avec leurs cadavres qu'ils repartirent. Un des deux archers accompagnant le chef Elfe se retourna en proférant la menace suivante "Je n'oublierai pas que vous avez tué Keranni"
Quelques instants plus tard, la tempête commença à laisser place à un beau ciel étoilé pourvu d'une lune blanche et pleine.
Il était temps de reprendre la route car le chemin restait long à parcourir, l'hiver arrivait à grand train et ils avaient pris du retard.

Wemel

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Re : Symbaroum - Résumés des parties
« Réponse #1 le: juin 09, 2017, 16:40:23 pm »
Excellent au fait :) Je viens tout juste de découvrir ! Merci Christophe :)
L'aura puissante.

QAW

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Re : Symbaroum - Résumés des parties
« Réponse #2 le: juin 14, 2017, 23:06:18 pm »
Et quelques infos pour nos amis mages, théurges et sorcières.

zeyr2mejetrem

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Re : Symbaroum - Résumés des parties
« Réponse #3 le: juillet 01, 2017, 11:10:37 am »
Partie II


Après avoir pleuré leur compagnon disparu, la caravane continua son chemin un mois durant et finit par sortir de la chaîne des titans.
Les aventuriers avaient géré plusieurs dangers mineurs et avaient pris de la bouteille comme aimait le dire le chef de la caravane Ergasto.
Le prêtre Monsevano passait son temps avec Lestra à perfectionner son art. Le mage Barrio passait énormément de temps avec son confrère à éplucher des livres (entre autres choses). Le barbare Aïsdrak, remis de son indisposition, passait son temps à jouer de la hache pour regagner la musculature qu'il avait perdu. La sorcière Magdala restait isolée, semblant méditer. Quant au Changelin Alori, fortement éprouvé par la perte de son ami Ragéor, il passait son temps à améliorer sa vitesse de tir comme si cela avait pu changer quelque chose aux évènements tragiques qu'ils avaient vécu.

Au bout de quelques jours de voyage en plaine, il semblait évident que leur présence dans la caravane n'était plus nécessaire, celle-ci continuant de se déliter au fur et à mesure que ses membres prenaient des chemins différents.
Aussi décidèrent-ils de quitter eux aussi le convoi. Ergasto leur remis un salaire bien mérité de 10 thalers chacun.
Au début le caravanier avait bien tenté de ne rien verser à Aïsdrak en prétextant que le barbare était resté alité mais un regard courroucé de ce dernier et le rappel que l'Ogre ne réclamerait pas sa part suffirent à le faire changer d'avis.
Magdala, elle, se sépara alors du groupe car elle avait une affaire privée à régler. Elle ne voula pas donner plus de détail et s'éloigna dans le soleil couchant en essuyant ses larmes dans le pagne de l'Ogre qu'elle ne quittait plus.

Alors que les membres restants échangaient leurs conjectures sur le comportement mystérieux de la Sorcière, ils croisèrent alors la route d'un marchand ambulant.
Le prêtre, qui avait fait voeu de pauvreté, ne dépensa pas son argent car il désirait l'utiliser pour une noble cause.
Le barbare et le changelin décidèrent de revendre leurs armures pour acheter deux armures de soie tissé, qui les gênaient beaucoup moins dans leurs mouvements. Alori en profita aussi pour échanger une de ses arbalètes contre un arc de bonne facture et un carquois.
Enfin le mage acheta une armure moyenne mais ne l'essaya même pas, ce qui laissa ses compagnons perplexes d'autant plus que cette armure était loin de ressembler aux atours exubérants qu'il affectionait d'habitude.

Alors que tout le monde se préparait à quitter le vendeur de grand chemin, un cri d'excitation retentit de la gorge de Barrio:
"Mon dieu, quelle merveille !!! Dites-moi que c'est une vraie !!".
Le vendeur, au début ahuri par un tel enthousiasme, repris vite ces esprits en présentant au mage une espèce de boa violet et en allant dans son sens: "Effectivement, monsieur est connaisseur ! C'est une authentique peau de Loutre Octarine, elle est imperméable et d'un style raffiné. Je vous la laisse pour 5 thalers."
Après une bonne demi-heure de négociation le vendeur descendit le prix à 1 shilling (trop content de se débarasser de cet article) et le mage de la troupe revint à ces compagnons portant toujours sa cape de membre de l'Ordo magica dont la couleur des runes s'était accordée à la couleur violette de son boa en peau de loutre.
Il demanda au barbare si il pouvait transporter jusqu'à la nuit l'armure qu'il avait acheté et qu'il trainait négligemmant par une sangle. Aïsdrak regarda alors Barrio d'un oeil soupconneux "T'as quoi en tête ? Tu vas en profiter pour me lancer un sort ?" ce à quoi le mage lui répondit avec un grand sourire facétieux "Non non ... tu verras ...".

Le soir, alors que la Compagnie de la Loutre Octarine (ils avaient unanimement décidé de se nommer ainsi désormais) bivouaquait autour d'un feu de camp, le mage Barrio prit l'armure qu'il avait acheté le matin même et s'éloigna fébrilement.
Pensant qu'il allait répondre à un besoin naturel personne n'y fit attention jusqu'au moment où alertés par une vive lueur octarine (et oui ...) tout le monde se mit en position de combat et partit quatre à quatre en direction de l'émission de lumière.
Il trouvèrent alors un Barrio extatique qui sautillait autour d'une armure qui contenait un homme en feu (... ou plutôt un homme de feu) en criant "Il est vivant !!! VIVANT !! J'ai réussi !!".
Devant la mine perplexe de ses compagnons il reprit son calme et énonca sur un ton protocolaire "Créature je te présente la compagnie de la Loutre Octarine, Compagnie je vous présente ma créature".
Le barbare avait encore les doigts blanchis par la poigne qu'il appliquait sur sa hache. Il n'était pas nécessaire d'être devin pour savoir qu'il n'aimait pas cette armure enchantée qui singait la vie. Monsevano, lui, gardait un air imperturbable. Alori, lui, était content de trouver quelqu'un (quelque chose ?) qui attirerait l'attention loin de ses oreilles pointues. Il regarda Barrio et lui dit d'un air moqueur et sarcastique:
- "Okay ... et que diriez vous, maître, si vous et 'Junior' reveniez vous mettre au chaud autour du feu ? ... Quoique j'ai pas l'impression qu'il ait froid, il est tout feu tout flammes ..." - rigolant tout seul à sa plaisanterie affligeante il retourna vers le bivouac en tirant par le biceps le barbare qui avait toujours l'air aussi renfrogné.
Ils furent rejoint aussitôt après par Monsevano, Junior et son créateur.

Alors que le barbare avait finalement pris l'habitude de voyager à côté d'un homme de flammes en armure, ils arrivèrent à fort chardon où Barrio devait prendre contact avec un ami de son maître, Vernan.
Avant d'entrer dans la ville, Aïsdrak sortit de son mutisme:
- "Les ambriens, faites gaffe à vos fesses. Ici la garde ne rigole pas. Encore moins qu'ailleurs. Si tu déconnes, tu paies une amende qui te retire l'envie de recommencer. Si tu voles un truc ils te coupent la main. Si tu fais plus grave ils te butent ou pire ... ils te banissent !!"
- "En quoi le banissement est-il pire que la mort ?" s'étonna le prêtre.
Le barbare le regarda avec un petit sourire et tendit son bras vers le sud
- "Plusieurs centaines de kilomètres de toundra désertique remplis de brigands en tout genre" puis tendit son bras vers le nord "Davokar, plusieurs centaines de kilomètres de forêt où le moindre prédateur vous boufferait sans se fatiguer ... des ambriens comme vous y survivrait pas une nuit. C'est une terre d'hommes, de vrai, dit-il en se tapant la poitrine"
- "... Ouais !!" rajouta Alori en frappant aussi son torse et en ne cachant pas sa déception devant l'effet passablement moins impressionnant que cela donnait.
Barrio, qui écoutait la conversation d'une oreille distraite entra d'un pas resolu dans la ville en fanfaronnant
- "Mais oui, on a compris, la garde, blablabla. Ils ne font pas peur au grand Barrio de l'Ordo Magic...AAAh".
Sa tirade s'était trouvée interrompue par une collision avec une jeune fille au coin de la première rue qu'ils croisèrent.
La jeune vagabonde, manifestement dans un état de panique, s'accrocha à sa jambe et le regarda avec des yeux de biche suppliant - "Maître, par pitié, aidez-moi, ils me poursuivent ... ils veulent ma mort".
Difficilement le mage se redressa et se redonna une contenance tout en gardant l'effrontée collée à sa cuisse. C'est à ce moment qu'arrivèrent 4 hommes en noir armés de hache qui éructèrent en direction du mage
- "Toi, là, donne nous la gueuse !! Elle est corrompue, c'est l'écorcheur"
Après avoir essayé de raisonner les marauds, puis les avoir partiellement désarmés, la compagnie se retrouva dans l'obligation de leur expliquer la vie en se basant sur une pédagogie à base de violence autour d'une foule amassée et partagée entre crainte et excitation. Nos héros ne purent s'empêcher d'entendre répété plusieurs fois le mot "Ecorcheur"
Les gros bras durent battre en retraite et lancèrent un "Baumelo sera au courant !!! Vous verrez, il vous fera payer !".
A ce nom, le prêtre sortit de son mutisme pour avertir ses amis
- "Aïe, je n'aime pas ça. J'ai déjà entendu parlé de ce Baumelo. C'est un manteau noir des plus expéditifs. Il n'a pas hésité à bruler un village entier, hommes femmes et enfants compris car il soupconnait que la corruption s'y dissimulait ! Dès que l'occasion se présentera il faudra que j'aille le voir pour mettre la situation au clair."
- "Espérons qu'entre membres de la même église vous arriverez à aplanir les angles." dit l'un de ses comparses.
- "Bon, et si on interrogeait la fille ..." allait dire Barrio quand il se rendit compte que celle-ci avait profité de l'agitation pour se sauver. Alors qu'il la cherchait du regard il l'aperçut qui lui envoyait un baiser appuyée d'un clin d'oeil avant de rentrer dans le dédale des ruelles de la ville.

Ils se remirent en route, prenant la direction du parc des anciens au nord duquel habitait le contact du Mage. Ils n'eurent pas de mal à trouver le manoir qui servait d'académie de magie locale.
Quand ils tapèrent à la porte une voix hésitante leur demanda qui ils étaient et c'est alors qu'ils s'exécutaient que les gonds grincèrent pour laisser apparaitre une femme livide, manifestement choquée.
Elle balbutiait des mots:
- "Il est la-haut ... j'ai rien entendu ... du sang partout ... j'ai renvoyé les élèves ..."
Il se trouvait que la malheureuse Esbetha venait de retrouver son maître pendu par les pieds, vidé de ses viscères et écorché. Sur le sol, sous la dépouille on pouvait voir une peau humaine gisant négligemment comme un vêtement sale qu'on aurait abandonné.

Une analyse fine du prêtre, (confirmée plus tard à l'autopsie), révéla que si le corps pendu était bien celui de Senseo la peau trainant au sol était celle d'un elfe (la "cagoule" sanglante comportait encore des oreilles pointues).
Pendant que le prêtre, en tant que Medicus, observait le corps le changelin trouva une lettre tâchée de sang et un anneau.
La lettre semblait adressée au Maire de la ville et prévenait d'un grand danger.
L'anneau était un anneau du pacte de fer et bien qu'il n'en comprenne pas la nature, le changelin avait l'impression que cet objet minuscule irradiait de vibrations magiques.
Ce postulat fut vite entériné par les deux érudits, Barrio et Monsevano. Ils informèrent les compagnons que cet anneau était une espèce de lien de communication onirique avec la communauté du pacte de fer et constituait une protection contre la corruption.
Le changelin ne comprenait pas la mine dégoutée du mage:
- "C'est plutôt cool, non ? Si ça protège contre la corruption, vous pourriez l'utiliser pour lancer des sorts en toute sécurité !"
- "C'est tout l'inverse, mon ami. Cet anneau protège contre la corruption externe qu'on voudrait faire subir à son porteur mais se retournerai contre celui-ci si il avait la mauvaise idée de générer lui-même de la corruption. En lançant un sort, par exemple ..."
Alori fit alors quelque chose de courageux ... ou de stupide, c'est selon. Il mit l'anneau et celui-ci sembla s'adapter à son doigt gracile.
- "Mais, qu'as tu fait ? Maintenant vous êtes liés !! Il faudra un rituel pour vous séparer !!" dit Monsevano
- "Ce n'est pas un problème. Je suis pas mage, moi !!" lança négligemmant le changelin.

Après avoir échangé avec la garde, la communauté de l'anneau compagnie de la loutre octarine prit congé et décida d'aller s'installer dans l'auberge raffinée Le repos de la Couturière.
Le lendemain, chacun décida de vaquer à des occupations différentes.

Barrio le mage partit à la rencontre du capitaine de la garde Marvelo. Il y apprit plusieurs éléments intéressants. Notamment la localisation des premières victimes et les conclusions actuelles de la garde.
Le prêtre était parti voir Baumelo et plaida la cause de ses compagnons, levant les charges pesant contre eux.
Le changelin était parti refourguer le bracelet du pacte de fer qu'il avait pris à l'elfe ours-garou qu'ils avaient tuée "involontairement" lors du périple dans les titans. Son don de métamorphe lui avait permis d'éviter toute filature indélicate.
Le barbare, qui avait presque réussi à remonter les traces de l'écorcheur le long des toits de fort-chardon, partit interroger ses compatriotes barbares dans une auberge du coin. Il réussit à faire un lien entre la genèse de l'écorcheur et un crâne bizarre ramené de Davokar par une troupe de pillard. Il avait même réussi à avoir le nom du chef qui s'appelait Gorak.

Les quatres compagnons se retrouvèrent à l'auberge et partagèrent leurs informations. Ils commencaient à y voir clair et ne tarderaient pas à se mettre sur les talons de l'écorcheur qui terrorisait la région.